Je t’attends – Nehir Dalkılıç

Le soleil se lève au travers des rideaux. Je suis devant le fenêtre, je t’attends. Je regarde par le fenêtre mais je ne peux pas te voir. En ce matin calme, quelques maisons se sont illuminées. Il fait froid, le ciel est bleu. Je vois des personnes qui courent. Et moi, devant le fenêtre, je t’attends.

 

La lumière parvient à ma chambre, j’entends des bruits de pas. Après, des gouttes versées sur moi deviennent mes larmes. Dans cette maison sincère, dans cette endroit confortable, je suis coincée dans un petit pot. Mes racines sont mélangées. Mes racines lancinent, ils se tiennent à une poignée de terre au pot. Mes feuilles cassent, je me froisse. J’oublie de fleurir, de rire, de sourire. Pourquoi? Parce que je t’attends.

 

Encore une fois, je regarde par la fenêtre. Des enfants vont dehors, trouvent une place pour eux-mêmes entre des bâtiments géants, jouent. Et les adultes se dépêchent sérieusement. Ils sont en retards, ou arrivent tôt. Ils sont tous nerveux, sont tous inquiets. Ils ont tous oublié de toi. Juste les gens? Les animaux aussi ! Le chat tigré qui s’était couché au bas de toi grimpe à la fenêtre d’autre bâtiment. Félon, il va chasser les oiseaux. Des oiseaux chantants… Des oiseaux papillonnants sur tes branches… Des oiseaux que tu avais embrassés…

 

Le ciel devient chaud. Le soleil monte. Tous les choses s’illuminent. Tous les choses s’épanouissent. Moi, je suis malheureuse. Je regarde autour de moi, rien ne change. Tout est en béton, tout est en verre. Tes feuilles vertes n’existait plus, désormais, je ne peux plus les voir. Et cette absence me rend triste. Parce que je t’attends.

 

Mon état mélancolique se reflète dans l’air : les gros nuages couvrant le ciel sucent toutes les couleurs, et seulement le noir reste. Tout est sombre, tout est noir. Je commence à espérer un peu. Peut-être as-tu apporté cette pluie ici. Pour donner un message. Pour dire: “Je n’ai pas disparu, je suis là. Même si tu ne peux pas me voir, je suis là, mon amie.”

 

Oh, mon cher ami ! Mon cher arbre ! Depuis ton départ, je me porte mal. Pour te voir, je regarde la pluie. D’un jour à l’autre, je me défraîchis. Mes feuilles ne sont plus vertes comme avant, je ne peux plus les comparer avec les tiennes. Et puis, je raccourcis. Je deviens laide. Je deviens laide parce que je suis seule maintenant. Tu n’es pas là et la couleur grise m’entoure. Le béton m’entoure. Mais je te surveille. Pour la possibilité de ton retour à ta place sur le trottoir, devant la fenêtre, je t’attends.

 

Nehir Dalkılıç 12D 921